Santé

Kinésithérapeutes : soyez trouvés par vos patients sur Google, dans le respect de votre déontologie

Vos patients cherchent un kiné proche et disponible, souvent avec une prescription en main. Donnez-leur une information exacte et complète, sans démarche commerciale ni référencement prioritaire.

Ce que vos futurs clients tapent, et demandent aux IA

Sur Google et Google Maps

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Sur ChatGPT, Gemini et Perplexity

  • « Quel kiné près de chez moi accepte encore de nouveaux patients ? »
  • « Peut-on consulter un kinésithérapeute sans ordonnance ? »
  • « Quel kiné pour une rééducation du sport à Lyon ? »
  • « Comment trouver un kiné qui se déplace à domicile pour une personne âgée ? »

Ce qui se joue pour les kinésithérapeutes

  • Un patient pressé, une prescription en main

    Le patient sort souvent de chez son médecin avec une seule question : qui peut me prendre, près de chez moi ? Il ouvre Google Maps et appelle les cabinets un par un. Des horaires faux, un numéro qui sonne dans le vide ou l’absence de lien de rendez-vous suffisent à vous faire passer au suivant.

  • Une liberté de communiquer, avec des limites précises

    Depuis le décret du 22 décembre 2020, vous pouvez informer le public sur vos compétences, votre parcours et vos conditions d’exercice, y compris sur internet. Mais plusieurs leviers classiques du marketing vous restent fermés : témoignages de patients, comparaison avec vos confrères, achat de visibilité.

  • Le secret professionnel face aux avis en ligne

    Un patient peut raconter toute sa rééducation dans un avis Google. Vous, non. Le secret couvre tout ce que vous avez vu, entendu ou compris dans l’exercice de votre profession, et il s’applique aussi à une réponse publique. Il faut donc une méthode pour répondre sans jamais rien confirmer.

  • Des besoins très différents derrière le mot « kiné »

    Prothèse de genou, entorse du sportif, rééducation périnéale, vertiges, soins à domicile : vos patients cherchent leur problème, pas un intitulé d’acte. Une fiche qui se contente de « masso-kinésithérapie » ne leur dit pas si vous êtes le bon cabinet. Décrire ce que vous faites réellement, avec leurs mots, est à la fois utile et autorisé.

Les bons réglages de votre fiche Google

La catégorie principale dit à Google quel est votre métier. Les catégories secondaires ne s’ajoutent que si elles correspondent à une vraie partie de votre activité.

Catégorie principale

Kinésithérapeute

Les leviers qui font la différence

  1. 1

    Un nom de fiche identique à votre plaque

    Le nom de la fiche est celui que le patient lit sur votre plaque : le vôtre, ou celui du cabinet. N’y ajoutez ni la ville ni « kiné du sport » : Google interdit les informations géographiques et les mentions de services dans le nom. Et si vous avez une fiche personnelle dans un cabinet de groupe, son titre ne comporte que votre nom, sans celui du cabinet.

  2. 2

    Des informations pratiques complètes

    Horaires réels, téléphone joignable, lien de prise de rendez-vous, accès en fauteuil roulant, parking, étage et ascenseur : ce sont les questions que l’on vous pose au téléphone. Si vous vous déplacez à domicile, ajoutez une zone desservie en plus de l’adresse du cabinet, ce que Google permet. Précisez dans la description votre situation vis-à-vis de l’Assurance maladie et la pratique du tiers payant.

  3. 3

    Vos actes, avec les mots des patients

    Dans la rubrique des services, listez ce que vous faites vraiment : rééducation après chirurgie du genou ou de l’épaule, rééducation périnéale, kinésithérapie respiratoire, prise en charge des vertiges, soins à domicile. Seules les spécificités reconnues par le Conseil national de l’ordre peuvent être affichées comme telles. Évitez « spécialiste » ou « expert » quand aucun titre reconnu ne le justifie.

  4. 4

    Des photos du lieu, jamais d’un patient

    Façade et entrée pour qu’on vous repère dans la rue, salle d’attente, plateau technique, équipe : l’Ordre autorise les photos des kinésithérapeutes et du matériel du cabinet. Aucun patient reconnaissable, car le secret professionnel vaut aussi pour les images.

  5. 5

    Un site qui informe, selon les règles de l’Ordre

    Les recommandations de l’Ordre listent les mentions obligatoires d’un site de kiné : adresse du cabinet, téléphone, e-mail, numéro d’inscription au tableau et numéro RPPS, honoraires pratiqués et modes de paiement acceptés. Ajoutez une page par type de prise en charge, rédigée de façon pédagogique et appuyée sur des sources précisées et datées, comme l’Ordre le recommande. Ce contenu factuel, sans ton promotionnel, est aussi celui qu’un moteur de recherche ou un assistant IA peut reprendre sans le déformer.

  6. 6

    La même information partout

    Annuaire santé d’ameli, plateforme de rendez-vous, Pages Jaunes, site et fiche Google doivent donner le même nom, la même adresse et le même numéro. L’Ordre autorise ces inscriptions à condition qu’elles ne servent pas à améliorer votre référencement : le but est la cohérence, pas la multiplication des annuaires. Des informations qui concordent aident aussi les IA à répondre juste quand on leur demande un kiné dans votre quartier.

Les erreurs qui coûtent des clients

  • Acheter des liens sponsorisés Google Ads ou une mise en avant payante dans un annuaire, que l’Ordre juge contraires à l’article R.4321-123.
  • Ajouter la ville ou « kiné du sport » dans le nom de la fiche Google, contrairement aux règles de Google.
  • Reprendre des avis Google ou une note étoilée sur votre site, alors que votre communication ne peut pas faire appel à des témoignages de tiers.
  • Afficher une spécificité qui ne figure pas parmi celles reconnues par le Conseil national de l’ordre.
  • Répondre à un avis en évoquant la pathologie, le nombre de séances ou la prescription du patient.
  • Laisser des horaires faux pendant vos congés, sans dire qui assure la continuité des soins.

Les avis clients

Le code de déontologie ne parle pas des avis Google en tant que tels, mais deux règles s’appliquent. Votre propre communication ne peut pas faire appel à des témoignages de tiers : vous ne reprenez donc pas les avis sur votre site ni sur vos documents. Et le secret professionnel interdit de confirmer, dans une réponse publique, qu’une personne est suivie au cabinet ou pour quel motif. Si vous proposez à vos patients de laisser un avis, faites-le avec retenue et de la même façon pour tous : Google interdit d’offrir une contrepartie et de solliciter les avis positifs de façon sélective. Pour répondre, une formule courte et neutre suffit, par exemple : « Merci pour votre message. Par respect du secret professionnel, nous ne commentons jamais une situation individuelle en ligne. Le cabinet reste joignable par téléphone pour en parler. » En cas de doute sur une pratique, votre conseil départemental de l’ordre reste le bon interlocuteur.

La saisonnalité

Ce qui varie surtout au fil de l’année, c’est votre disponibilité : congés, formations, remplacements. Renseignez à l’avance les horaires exceptionnels de la fiche et indiquez sur le répondeur et le site qui assure la continuité des soins. Près des clubs ou en station, la reprise sportive de la rentrée et la saison de ski amènent des entorses et des blessures du genou : si vous les prenez en charge, que votre fiche et votre site le disent.

Les règles de votre profession

Le décret n° 2020-1663 du 22 décembre 2020 a modifié le code de déontologie des masseurs-kinésithérapeutes. L’article R.4321-67-1 du Code de la santé publique autorise la communication au public, y compris sur internet, à condition qu’elle soit loyale et honnête, sans témoignages de tiers, sans comparaison avec d’autres kinés et sans incitation à des soins inutiles. L’article R.4321-123 fixe ce qui peut figurer dans les annuaires et interdit d’obtenir « contre paiement ou par tout autre moyen » un référencement numérique prioritaire. Dans ses recommandations, le Conseil national de l’ordre considère comme prohibés les liens sponsorisés et la mise en avant prioritaire dans un annuaire, et n’autorise l’affichage que des spécificités qu’il reconnaît. Le secret professionnel (article R.4321-55) couvre tout ce que le kiné a vu, entendu ou compris, et sa violation est punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende (article 226-13 du Code pénal). Enfin, depuis la loi du 19 mai 2023, l’article L.4321-1 permet au kiné de recevoir un patient sans prescription dans les établissements de santé, les établissements médico-sociaux et les structures d’exercice coordonné (équipes de soins primaires, centres et maisons de santé), dans la limite de huit séances sans diagnostic médical préalable et avec un bilan adressé au médecin traitant : ne l’annoncez que si votre cadre d’exercice le permet.

Ce que mrcom fait pour les kinésithérapeutes

  • Votre fiche Google, réglée et tenue à jour

    Catégories, services, horaires, photos et publications : tout est optimisé, puis entretenu chaque mois.

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Questions fréquentes des kinésithérapeutes

Un kiné a-t-il le droit de travailler sa visibilité sur Google ?

Oui pour informer : fiche Google exacte et complète, site clair, coordonnées cohérentes partout. Non pour chercher la priorité : le code interdit tout référencement prioritaire, payant ou non, et l’Ordre considère comme prohibée toute démarche visant à faire apparaître votre site en priorité, liens sponsorisés compris.

Puis-je demander à mes patients de laisser un avis Google ?

Le code de déontologie ne vise pas les avis Google en tant que tels, mais la prudence s’impose : une demande identique pour tous les patients, sans cadeau ni consigne sur la note. Et ne reprenez jamais ces avis dans votre communication, puisque le code exclut les témoignages de tiers.

Comment répondre à un avis négatif sans violer le secret professionnel ?

Ne confirmez ni la prise en charge, ni le motif, ni les dates, et invitez simplement la personne à appeler le cabinet. Si l’avis est injurieux ou manifestement faux, signalez-le à Google plutôt que d’argumenter en public.

Faut-il une fiche Google par kiné ou une seule pour le cabinet ?

Seul, vous n’avez besoin que d’une fiche. À plusieurs, les deux coexistent : la fiche du cabinet sert de point d’entrée, et chaque associé ou collaborateur au contact des patients peut avoir la sienne. Google exige alors que ce kiné soit joignable à l’adresse validée, aux horaires affichés. Une même personne ne doit jamais avoir deux fiches à la même adresse.

J’exerce en maison de santé : puis-je indiquer l’accès direct ?

Oui : la maison de santé fait partie des structures où la loi du 19 mai 2023 autorise l’accès direct, dans la limite de huit séances par patient sans diagnostic médical préalable, avec un bilan transmis au médecin traitant. C’est une information utile aux patients : indiquez ces limites sur votre site et dans la description de la fiche. Si vous n’exercez dans aucune structure concernée, ne laissez rien entendre de tel.

Comment choisir une agence quand on est kiné ?

Posez une question simple : connaît-elle l’article R.4321-123 ? Une agence qui vous propose des liens sponsorisés, des avis à afficher sur votre site ou une « première place garantie » vous expose à des poursuites disciplinaires. Le bon travail consiste à tenir votre fiche juste, à répondre aux avis dans le respect du secret et à vérifier ce que Google et les IA disent de votre cabinet.

Sources

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