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Site internet pour artisan : ce qu’il doit contenir pour qu’on vous appelle

Le site d’un artisan doit permettre à un visiteur, souvent sur son téléphone, de savoir en quelques secondes ce que vous faites, où vous intervenez et comment vous joindre, puis de vous appeler d’un simple appui. Le reste sert à le rassurer : une page par prestation, des photos de vrais chantiers, des informations de prix, vos assurances et qualifications. Ajoutez les mentions imposées par la loi, et quelques pages bien construites suffisent.

Un site d’artisan n’est pas une plaquette. On le consulte à un moment précis : quand on hésite à vous appeler.

À quoi sert vraiment le site d’un artisan ?

Réponse courte : à transformer cette hésitation en appel. Votre futur client arrive en général par l’un de ces trois chemins.

  • Depuis votre fiche Google : il vous a vu dans la carte et appuie sur « Site Web » pour vérifier que vous faites bien ce qu’il cherche.
  • Depuis une recherche précise, comme « remplacement ballon d’eau chaude » : il arrive sur la page qui traite de ce sujet, pas sur votre accueil.
  • Depuis le bouche-à-oreille : un voisin lui a donné votre nom, il veut savoir à qui il a affaire avant de vous faire entrer chez lui.

Dans les trois cas, il vérifie que vous faites ce dont il a besoin, que vous venez jusque chez lui et qu’il peut vous faire confiance. S’il doit chercher, il appelle le concurrent affiché à côté dans la carte.

Le haut de page : trois réponses avant de faire défiler

Sur un téléphone, le premier écran doit suffire pour décider d’appeler. Sur l’accueil comme sur chaque page de prestation, il contient :

  • votre métier et votre zone dans le titre : « Plombier chauffagiste à Angers et 25 km autour » dit tout, « Bienvenue sur notre site » ne dit rien ;
  • votre numéro, écrit en texte et cliquable (dans une image, il ne se compose pas d’un appui) ;
  • un seul bouton principal : « Appeler » ou « Demander un devis » ;
  • une preuve immédiate : note Google et nombre d’avis, qualification, année de création ;
  • votre disponibilité, si elle est réelle : « Rappel dans la journée ».

Gardez le même numéro partout (site, fiche Google, devis, véhicule) et, si vous êtes sur les chantiers toute la journée, dites quand vous rappelez.

Le formulaire : court, ou rien

Pour ceux qui n’osent pas appeler : nom, téléphone, commune, besoin en quelques mots, et une photo facultative (une fuite, un tableau électrique). La CNIL recommande de ne demander que les informations justifiées par le service rendu, avec une courte mention sur l’usage des données sous le formulaire.

Les pages indispensables et leur rôle

PageCe qu’elle contientLa question du client
AccueilMétier, zone, numéro, prestations principales, réalisations récentes, avisEst-ce le bon artisan pour moi ?
Une page par prestationDéroulé, délais, informations de prix, photos du même type de travauxSait-il faire exactement ce dont j’ai besoin ?
RéalisationsPhotos de vrais chantiers légendées : commune, travaux, duréeA-t-il déjà fait un chantier comme le mien ?
Zone d’interventionCommunes desservies, délais selon la distance, frais de déplacementVient-il jusque chez moi ?
L’entrepriseDirigeant, équipe, année de création, qualifications, assurancesÀ qui vais-je ouvrir ma porte ?
Tarifs et devisTaux horaire, forfaits, déplacement, devis gratuit ou payant, paiementCombien cela va-t-il me coûter ?
ContactTéléphone, formulaire court, horaires de rappelComment le joindre maintenant ?
Mentions légalesLes informations imposées par la loiCette entreprise est-elle identifiable ?

Une petite entreprise peut regrouper certaines pages, du moment qu’aucune de ces questions ne reste sans réponse.

Une page par prestation, avec les mots de vos clients

C’est souvent la partie la plus négligée, alors que c’est elle qui répond aux recherches précises. Dans les résultats classiques, Google classe des pages, pas des entreprises : une page « Nos services » qui aligne quinze prestations répond mal à quelqu’un qui tape « recherche de fuite », alors qu’une page entière consacrée à ce sujet lui répond directement. Partez des mots de vos clients (« chauffe-eau qui fuit » plutôt que « remplacement de cumulus »), puis suivez ce plan :

  • ce que vous faites, en deux ou trois phrases, et les cas que vous ne prenez pas ;
  • le déroulé : appel, diagnostic, devis, intervention, nettoyage ;
  • les délais habituels et les informations de prix ;
  • deux à cinq photos de chantiers de ce type ;
  • les questions qu’on vous pose toujours sur ce sujet, avec vos réponses ;
  • le bouton d’appel, à nouveau, en bas de page.
Exemple (cas fictif) : la page d’un couvreur

Un couvreur crée une page « Réparation de fuite de toiture ». Il explique qu’il bâche d’abord si la pluie continue, puis remplace les tuiles abîmées. Il indique son délai habituel de mise hors d’eau, montre trois chantiers légendés et conseille d’appeler son assureur avant les travaux. Cette page parle à la personne qui découvre une tache au plafond, bien mieux qu’une ligne « Toiture » dans une liste.

Les preuves qui font décrocher le téléphone

Faire entrer un inconnu chez soi demande de la confiance. « Travail soigné » ne prouve rien ; une photo de chantier légendée, le nom de votre assureur ou un avis daté, si.

Des photos de vos vrais chantiers

Les photos de banque d’images se repèrent au premier coup d’œil et font douter du reste. Prenez les vôtres, avant et après, à la lumière du jour. Demandez l’accord du client avant de montrer son intérieur, et évitez le numéro de rue ou la plaque d’immatriculation dans le cadre.

Qualifications et assurances

Si vous êtes RGE, précisez pour quels travaux : France Rénov’ rappelle que MaPrimeRénov’ exige de confier ses travaux à un professionnel RGE, et son annuaire officiel permet de le vérifier. Pour la décennale, la loi impose de joindre l’attestation d’assurance à vos devis et factures (article L243-2 du Code des assurances) ; citer aussi votre assureur et les activités couvertes sur le site rassure dès la première visite.

Les avis de vos clients

Le plus simple est de renvoyer vers vos avis Google, dont le visiteur sait qu’ils ne sont pas rédigés par vous. Si vous publiez des témoignages sur votre site, le Code de la consommation demande à quiconque diffuse des avis de consommateurs, même à titre accessoire, d’indiquer s’ils sont contrôlés et d’afficher leur date. Diffuser de faux avis, ou retoucher ceux de vrais clients, est une pratique réputée trompeuse. Ajoutez enfin un visage : une photo du dirigeant ou de l’équipe suffit à faire d’un nom d’entreprise une personne à qui confier ses clés.

Les prix : ce que la loi impose, ce qui rassure

Réponse directe : si vous faites du dépannage, de la réparation ou de l’entretien pour des particuliers dans le bâtiment et l’équipement de la maison (plomberie, serrurerie, électricité, couverture, vitrerie, maçonnerie, peinture, génie climatique, entre autres), l’arrêté du 24 janvier 2017 vous impose de communiquer, avant la conclusion du contrat :

  • vos taux horaires de main-d’œuvre TTC et la façon dont le temps est décompté ;
  • le prix TTC de vos prestations forfaitaires, le cas échéant ;
  • vos frais de déplacement, le cas échéant ;
  • le caractère gratuit ou payant du devis ;
  • toute autre condition de rémunération.
« Elles doivent également être aisément accessibles sur tout espace de communication en ligne dédié au professionnel. »
Arrêté du 24 janvier 2017 relatif à la publicité des prix des prestations de dépannage, de réparation et d’entretien, article 3

Pour un chantier chiffré au cas par cas, comme une rénovation complète, expliquez plutôt comment vous construisez un devis et ce qui fait varier le prix. N’affichez un prix « à partir de » que si vous le pratiquez vraiment. Une page de tarifs claire fait aussi le tri : vos clients appellent en sachant à quoi s’attendre.

Les mentions obligatoires

Tout site professionnel doit comporter des mentions légales faciles à trouver, en général via un lien en bas de chaque page. Voici ce qu’il faut prévoir :

  • votre identité : nom, prénom et adresse avec la mention « EI » si vous êtes entrepreneur individuel (micro-entrepreneur compris), ou dénomination, forme juridique, siège et capital pour une société ;
  • votre e-mail et votre téléphone ;
  • votre numéro d’immatriculation (SIREN) et, si vous en avez un, votre numéro de TVA intracommunautaire ;
  • le nom, l’adresse et le téléphone de l’hébergeur ;
  • les coordonnées de votre médiateur de la consommation, que le Code de la consommation demande d’inscrire de manière visible et lisible sur votre site ;
  • si vous travaillez pour des particuliers, vos conditions générales de vente, que Service-Public présente comme obligatoires sur le site ;
  • une politique de confidentialité, qui explique ce que vous faites des données reçues par le formulaire ;
  • si votre site dépose des cookies soumis au consentement, un bandeau qui permet de refuser aussi simplement que d’accepter, comme l’exige la CNIL.

Service-Public indique que l’absence des mentions d’identification est punie, pour un entrepreneur individuel, d’un an d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende, et pour une société d’une amende pouvant atteindre 375 000 €. Faites-les vérifier avant la mise en ligne, puis après tout changement d’adresse, de statut ou d’hébergeur.

Relier votre site à votre fiche Google

Dans la carte, le client voit d’abord votre fiche, puis le bouton « Site Web » l’amène chez vous pour vérifier. Les deux doivent se confirmer :

  • mêmes nom, téléphone et horaires, écrits exactement de la même façon, et même adresse si elle est affichée sur la fiche ;
  • le lien de la fiche pointe vers l’accueil ou vers votre prestation principale ;
  • chaque prestation importante listée sur la fiche a sa page sur le site, avec les mêmes mots ;
  • la zone desservie de la fiche correspond aux communes annoncées sur le site ;
  • les données structurées « LocalBusiness », un code invisible documenté par Google, décrivent votre établissement à ses robots : demandez-les à votre prestataire.

Le site compte aussi pour le classement local lui-même. Google le fonde sur trois critères : pertinence, distance et proéminence, c’est-à-dire à quel point votre établissement est connu. Pour cette proéminence, il tient compte notamment des sites Web qui renvoient vers vous. Votre site est l’adresse que peuvent viser ces liens : fournisseur, club que vous soutenez, association d’artisans de votre ville.

Et les IA comme ChatGPT ou Gemini ?

Quand ChatGPT, Gemini ou Perplexity cherchent sur le Web pour conseiller un artisan, ils ne peuvent reprendre que ce qui est écrit quelque part. Pour ses Aperçus IA, Google le dit clairement : aucune optimisation spéciale n’est requise, il faut une page indexée qui peut apparaître dans la recherche avec un extrait. Écrivez donc en texte, pas en image, vos prestations, communes, horaires et qualifications, et répondez aux questions fréquentes par des phrases complètes.

Le minimum technique, sans jargon

  • Le mobile d’abord : Google utilise la version mobile d’un site pour l’indexer et le classer.
  • La vitesse et le confort de lecture : Google affiche d’abord le contenu le plus pertinent, mais quand plusieurs pages répondent bien, une bonne expérience peut faire la différence. Allégez vos photos.
  • Le cadenas (https) : les navigateurs signalent les sites non sécurisés.
  • Un nom de domaine enregistré à votre nom, qui vous suit si vous changez de prestataire.

Avant de signer avec un prestataire

Si l’on vous démarche pour un site « clé en main », faites préciser par écrit :

  • à qui appartiendra le nom de domaine (il doit être à votre nom) ;
  • si vous récupérez textes, photos et site en cas d’arrêt ;
  • la durée d’engagement, les conditions de résiliation, et si le contrat est une location financée par un organisme tiers ;
  • qui fait les mises à jour, et si mentions légales, médiateur et cookies sont inclus.

Votre plan d’action

  1. 1

    Aujourd’hui

    Faites le test du voisin et vérifiez que votre numéro est cliquable et identique à celui de votre fiche Google.

  2. 2

    Cette semaine

    Complétez mentions légales et médiateur ; en dépannage, mettez en ligne taux horaires, forfaits et frais de déplacement.

  3. 3

    Ce mois-ci

    Écrivez une vraie page pour vos trois prestations principales et ajoutez une dizaine de photos de chantiers légendées.

  4. 4

    Chaque trimestre

    Ajoutez vos derniers chantiers, relisez horaires et tarifs, retirez les logos de qualifications expirées.

Si vous préférez déléguer, la formule Performance de mrcom (290 € par mois, sans engagement) inclut un site web, en plus du travail sur votre fiche Google. Posez-nous les mêmes questions qu’à tout autre prestataire.

Questions fréquentes

Un artisan a-t-il besoin d’un site si sa fiche Google est bien remplie ?

Aucune loi ne l’impose, et une fiche complète permet déjà d’être appelé depuis la carte. Le site prend le relais sur les recherches précises, rassure les clients venus par le bouche-à-oreille, détaille vos prix et vos chantiers, et donne aux IA une source écrite sur votre activité.

Combien de pages doit compter le site d’un artisan ?

Il n’y a pas de chiffre idéal. Comptez une page par prestation que vous voulez développer, plus l’accueil, les réalisations, l’entreprise, le contact et les mentions légales. Dix pages utiles valent mieux que cinquante pages creuses.

Un artisan est-il obligé d’afficher ses prix sur son site ?

Oui pour le dépannage, la réparation et l’entretien auprès des particuliers dans le bâtiment et l’équipement de la maison : l’arrêté du 24 janvier 2017 impose que taux horaires, forfaits, frais de déplacement et conditions du devis soient aisément accessibles en ligne. Pour un chantier chiffré au cas par cas, expliquer votre façon de chiffrer rassure déjà.

Peut-on publier des témoignages de clients sur son site ?

Oui, s’ils sont authentiques : le Code de la consommation demande d’indiquer si les avis sont contrôlés et d’afficher leur date. Rédiger de faux avis ou retoucher de vrais avis est une pratique commerciale trompeuse. Renvoyer vers vos avis Google reste la solution la plus simple et la plus crédible.

Un site fait soi-même avec un outil en ligne peut-il suffire ?

Oui, si son contenu est bon : l’outil compte moins que ce que vous y mettez. Vérifiez que le nom de domaine sera à votre nom, que le site s’affiche bien sur téléphone et que vous pourrez ajouter facilement pages et photos.

Sources

Vous préférez qu’on s’en occupe ?

On analyse gratuitement votre visibilité sur Google et les IA, et on vous dit exactement quoi améliorer.